L’ancien président s’agite et menace quiconque touche à ses enfants: Wade, papa poule !
Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 23/11/2012
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L’ampleur de la mauvaise gouvernance notée au cours de la dernière décennie, l’immensité des attentes des citoyens et leurs demandes exprimées pour un retour à une gestion sobre et vertueuse demeurent plus qu’une exigence. C’est, d’ailleurs dans ce sens, les nouvelles autorités traquent les pontes de l’ancien régime soupçonné d’enrichissement illicite. Pour sa part, Me Abdoulaye Wade, convaincu, sans doute, de la menace qui pourrait emporter des libéraux, (véritables prédateurs durant leur passage au pouvoir) dont ses enfants et non moins collaborateurs (Karim et Sindiely Wade) a décidé d’adopter une méthode offensive. Tel un papa-poule, Me Wade a surgi de son nid dans l’espoir de sauver ces enfants des griffes de la Justice sénégalaise. Wade oublie, peut être, que la notion de famille, qu’il jure de vouloir défendre, n’existe nullement dans la République.

Dans la livraison du journal Le Quotidien du lundi 12 novembre dernier, Me Wade a soutenu que « la comédie ne peut pas continuer. Si ça continue, pour l’intérêt du Sénégal, moi citoyen Abdoulaye Wade, je porterai plainte contre Macky Sall… » Pour mieux se faire entendre, Me Wade précise : « Je porterai plainte contre le citoyen Macky Sall en tant que mon ancien Premier ministre. La Constitution ne me permet pas de porter plainte contre lui en sa qualité de président de la République mais, je pourrais porter plainte contre l’ancien Premier ministre sous mon mandat ». Devenant menaçant à l’endroit de son successeur qui compte traduire ses enfants et certains de ses partisans devant la justice dans le cadre des biens mal acquis, Abdoulaye Wade soutient : « Je ne veux pas le (Macky) surprendre. Il faut qu’il sache que s’il se met à poursuivre mes enfants et mes proches sur aucune base, je l’attaquerai. C’est inacceptable ! S’il va sur ce chemin, il m’y trouvera ». Comme s’il cherchait à dénigrer l’institution chargée de traquer les ressources tirées illégalement des caisses de l’Etat, le président Wade déclare : « Cette Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) je la connais bien. J’avais la possibilité de la supprimer en 2000, quand j’étais arrivé au pouvoir car, elle est inconstitutionnelle. Je l’ai laissée juste comme ça pour éviter qu’on ne m’accusât pas de chercher à protéger des gens, mes proches ou des responsables du Parti socialiste (le parti qui était au pouvoir sous Abdou Diouf, le prédécesseur de Wade : ndlr) ». Loin de s’arrêter en si bon chemin, Me Wade donne son appréciation des procédures avant de disqualifier la Crei. « Macky Sall aurait dû faire des enquêtes et s’il trouve des choses à reprocher à des gens, les traduire devant les tribunaux correctionnels mais, cette Cour de répression de l’enrichissement illicite est inacceptable. Il exagère et surtout qu’il n’a rien trouvé contre les gens ».

Cette énième sortie du président Wade, après son départ du pouvoir, n’est pas sans susciter contrarier ses concitoyens. Ces derniers fustigent le manque d’égard pour ne pas dire l’irrespect de Wade vis-à-vis des institutions de la République et de ceux qui les incarnent. On croirait d’ailleurs que le théoricien du Sopi pense qu’à travers ses attaques frontales, répétées, désordonnées et disproportionnées, il serait en mesure de plomber les ailes de l’appareil judiciaire, mais aussi d’entrainer l’actuel pouvoir dans une querelle politique. Confrontation qui contribuerait fortement à une inefficacité et une inefficience de l’action gouvernementale. Les détournements de deniers publics et autres prédations du patrimoine financier ont été tels qu’il importe de faire la lumière sur plusieurs dossiers, dans l’espoir de recouvrer les montants chiffrés en milliards. C’est une exigence du peuple tout-entier qui, en élisant le président Macky Sall, comptait sur lui pour engager des réformes et procédures de rapatriements des fonds publics. Depuis que le débat sur le pillage des ressources et la possibilité de poursuites est envisagée, la culture de rendre compte dans l’exercice des responsabilités confiées à toutes les personnes exerçant des charges publiques est de plus en plus considérée. En attendant d’arriver au terme de ces enquêtes et à la récupération de l’argent « volé » aux contribuables, on est en mesure de penser que les gesticulations du président sortant, Me Wade, ne pourront guère avoir d’incidences sur les intentions affichées par les nouvelles autorités. Ce, d’autant que Macky Sall a, lui-même, annoncé la couleur dés son avènement au pouvoir en déclarant : « S’agissant de la gouvernance, je serai toujours guidé par le souci de transparence et de responsabilité dans la gestion vertueuse des affaires publiques ». Et d’ajouter que « L’assainissement de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption et la concussion » lui tiennent particulièrement à cœur.

Alioune Badara Coulibaly


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