JUSTICE AFFAIRE DE L’ANCIEN PRÉSIDENT TCHADIEN Macky accusé de construire une prison avant la condamnation de Habré
Source :  Wal Fadjri : Dernière Mise à jour : 29/01/2013
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Plus on avance vers le procès de Hissène Habré, plus ses défenseurs intensifient les accusations tous azimuts contre le régime de Macky Sall. Après Me François Serres, un de ses avocats accusant le ministre de la Justice sénégalaise Aminata Touré de vouloir juger Habré sans Idriss Déby à travers ce qu’il appelle une mascarade, c’est au tour de sa cellule de communication de dénoncer le projet de Macky Sall de construire déjà une prison pour Habré avant de l’avoir jugé.

 

«Affaire Hissène Habré : Chronique d’un crime annoncé», tel est le titre d’une déclaration des proches de l’ancien président Tchadien diffusé hier par Zoomtchad.com et parvenu à Wal fadjri.  Ces proches de Habré accusent Macky Sall de complot : «Macky Sall président du Sénégal, jette le masque sur le sort du président Habré. Avant même que tous les juges ne soient désignés, il lance la construction d'une prison pour le président Hissène Habré comme l'atteste, la publication de cet appel d'offres pour la construction d'une prison  paru dans la presse sénégalaise ce jour, 25 janvier 2013», accusent les défenseurs de l’ancien dictateur. «Oui ! On peut le dire sans aucune réserve, le président Habré est bel et bien en danger au Sénégal face à un homme, Macky Sall, président du Sénégal, déterminé à être le bras armé d'une vengeance. C’est le sens de son engagement pour accomplir l'acte final d'un complot qui a commencé, il y a 12 ans», ajoute le document qui qualifie l'affaire Hissène Habré, d’ «histoire d'une déraison d'Etat, d'un contournement, mais aussi d'un détournement de l'Etat de droit. Instauration au sein de l'organisation judiciaire du Sénégal, d'un régime d'exception, de lois d'exception, d'un Tribunal d'exception, mais aussi d'un régime discriminatoire et portant atteinte aux droits fondamentaux du président Hissène Habré».

Les défenseurs de l’ancien président Tchadien font remarquer que chacun aura constaté dans l’affaire Hissène Habré que 7 décisions de justice toutes favorables à la défense du président Habré ont été toutes foulées au pied par l’Etat Sénégalais. «Quand un Etat est régi par les desideratas d'un homme, en l'occurrence, Macky Sall qui organise et fait le tri entre celui qu'il va juger (Hissène Habré) et ceux qu'il va épargner (Abdoulaye Wade et ceux qui vont le rallier, selon ses propos officiels), nous ne sommes plus dans un Etat de Droit. Nous sommes, comme dirait l’autre, dans une présidence impériale à la George W. Bush».

La même source de poursuivre : «Faudrait-il préciser et mettre le doigt sur le complot, quand on relèvera que l'instauration d'un régime d'exception reste soumis à un contrôle juridictionnel lequel encadre les lois d’exception, dans un système démocratique, et ce pour éviter les abus de toutes sortes. Que la Chambre des Lords Britannique a, dans un décision importante statué : ‘Que les droits des détenus de Guantanamo sont protégés par l’Habeas Corpus’». Or, affirment les défenseurs de Habré, «dans le processus de création de ces Chambres africaines, le législateur sénégalais a supprimé la possibilité de saisir la Cour Constitutionnelle, il l’a fait dans le cadre de la préparation législative précédant le procès et compte le rendre à nouveau possible une fois ‘qu’on aura terminé avec Hissène Habré’ comme dirait Macky Sall».  Une attitude jugée discriminatoire et sélective.

Ce «naufrage» de la justice africaine, poursuit la déclaration de la cellule de communication de Habré, «trouve son paroxysme, dans l’arrogance qui consiste à commencer à construire une prison avant qu’un seul acte n’ait été posé et que même les juges ne sont pas encore tous désignés. Oui, nous pouvons dire sans ambages que ces chambres africaines sont un peloton exécution tout simplement».

A travers ce document, Reed Brody de Human rights Watch est également accusé d’être le géniteur des Chambres africaines : «Il l’avait suggéré quand la Cour de Justice de la Cedeao avait sévèrement condamné et disqualifié le Sénégal pour juger l’ancien président tchadien».

Georges Nesta DIOP

 

Les défenseurs de Habré accusent Macky Sall de vouloir sceller le sort de Habré




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